10 octobre 2009

29 septembre 2009
Enfin une occasion de se réjouir que je pensais. Que nenni. Il n'en n'est rien, encore une fois.
"Le mieux est que vous trouviez un travail et que vous financiez votre projet vous même."
Merci de ce conseil avisé, et éclairé au possible. Sans vous, je crois que je n'aurai pas trouvé la solution. Sans vous je crois que mon projet demeurerait encore dans d'épaisses ténèbres.
Et quand je lui dis "En fait vous ne me servez à rien.", ses yeux s'écarquillent et la voilà qui balbutie un semblant de justification "Euh..mais si..enfin...nous sommes là pour vous accompagner dans votre projet, pour vous dire ce qui est possible ou pas, ce qui est bien ou pas en rapport avec votre recherche d'emploi. Vous dire si votre projet entre dans votre retour à l'emploi..."
Passer 45 minutes à rabâcher les mêmes choses que je rabâche depuis 2006, pour entendre les mêmes répliques et constater une fois de plus leur incapacité à faire quoi que ce soit de concret pour moi. Finalement, les mettant eux même face à leur impotence. Parce qu'ils sont forts en blablas stérile. Leurs structures sont de grands bâtiments de courants d'air, faits pour donner l'illusion d'une aide providentielle. Joli mirage balayé très vite. Il en faut peu pour faire tomber la supercherie.
Leurs cervelles étriquées comprendront-elle qu'après des années passées à utiliser les mêmes outils il est temps d'en essayer d'autre ? Que ces outils sont faits pour réaliser la clé qui ouvrira la porte, car il ne suffit pas de construire la porte, il faut pouvoir l'ouvrir...
23 septembre 2009
Comme tout se ressemble. Tant de passion et de haine, de sueur d'encre versée pour des poèmes tous plus sombres, épris, transis...tous les mêmes.
Cette fois-ci j'atteins l'automne des idées. Sur mes lèvres les mots se couchent et disparaissent comme le sucre translucide au contact de l'eau. La peau se fâne, l'œil se terni, le teint se grise, anthracite, catharsis de mes nuits, profondes solitaires. Demeurer seul. Et s'en souvenir, toujours. De peur que ça me reprenne. Seul avec soi-même, indéfiniement. Comme elle me le rappelle chaque jour, de sa voix dure, qui frappe mes tempes comme on assène un coup du plat d'un galet, jonchant ses plages de Bretagne. Et le vent qui claque et me soulève me gèle de l'intérieur en me purifiant. M'arrachant une partie de moi-même.
15 septembre 2009
La ville est bouillonante, vibrante, fugace, puante, grasse et collante. Noire, grise, alvéolée de son histoire, luminescente, evanescente dans la fraîcheur du soir. Les regards furtifs s'entrecroisent entre les silhouettes sombres. Le metal se terni, la vitre se fend, le plexiglass se raye, le tissu se déchire.
Le vent s'engouffre dans les carrefours, les places s'inondent, dégorgent. La masse grouillante monte, descend, s'engouffre dans le sol, en ressort. Noir bataillon de chair pressée, compressée. Les visages sont gris, les yeux creux, perdus dans l'ailleurs, le front penché. Et le tumulte du dehors bat dans mon corps qui tremble.
11 septembre 2009
10 jours sans net a priori pour cause de voyage au pays de Mo la Brocante. Avec ses chats, ses tourne-disques, ses sculptures, ses peintures, son tas de vaisselle dans le lavabo de la salle de bain et...t'cetera...
A moins qu'elle change d'avis. On est jamais sûr de rien en ce bas monde.
10 septembre 2009
J'ai cette manie qui consiste à vouloir sentir les choses "Pour de vrai". Et tant que je sens une once de réticence, d'hésitation, de doute, je freine...et dans ma tête l'idée du "Vrai" qui trottinait gentiment le long de ma cervelle s'écrase lourdement contre ma boîte crânienne. Après s'ensuit une phase d'observation dubitative, formée par une moue et une légère torsion de la bouche de façon à faire ressortir la commissure gauche et glisser vers l'intérieur bas la commissure droite.
Je croise les bras, pousse un soupir. Évalue ce qui m'a une fois encore permis de trottiner gaiement de la sorte, dans l'insouciance des choses dites et rapidement oubliées par le satané Espoir, qui rend la mémoire poreuse et génère la récidive tant qu'il n'est pas brisé, foutu par terre, piétiné salement sur l'asphalte, essuyé brutalement contre du crépis blanc cassé, Oh ! La jolie framboise !, écorché vif, la dentition explosé contre la chaussée -private joke inside-, tracté par les chevilles à 60km/h en plein centre ville, passant dos d'ânes, se cognant violemment contre les barrières à l'angle des trottoirs et les pylones des feu.
L'Espoir aux urgence, même à ce moment là, réussi à s'en sortir, souvent...à la moindre lueur...à moins que le passage aux urgences se soit déjà produit plusieurs fois pour la même chose...quoi qu'il existe sur cette terre une race d'acharnés qui espére tant que l'individu ou le projet qui les tiens en haleine ne disparait pas de la carte des possibles pour de bon. Lobotomisation. Disque dur grillé. Perte des données. On efface tout et on recommence. Formatage recommandé. F8. Bios. Restauration système données d'usine...
Il suffit d'y croire. Retour d'une jolie phrase en pleine gueule à l'instant. Y croire ça aide. J'y crois. Donc c'est déjà pas mal.
Alors...je peux ?
09 septembre 2009

Photo de Morgane -détail-
L'air de rien. Mais c'est hard.
04 septembre 2009
3:13 am
Plus d'une heure de retard.
Sa voix. Son visage. Son regard qui m'évoque...J'y plonge et m'abreuve de tant de choses.
Une heure de retard. Même pas de temps pour Elle, rien qu'à Elle.
Je sais ce que tu ressens, au fond. Je le sais. Le temps que tu prends, que tu passes. Même cassée en deux. J'en ai conscience. Ne crois pas.
A peine partie, son image disparue de mon écran, une vague de froid dans mon thorax. Le souffle de l'abandon.
Rien ne se contrôle. Même si.
Il n'existe aucune comparaison possible. Même pas sur 25 ans.
Seulement 25 ans.
03 septembre 2009
Tout est loin. Et ce que je crains se profile à nouveau.
Elan brisé.
01 septembre 2009
Rouge. Je m'enivre de son parfum rouge. Tisse. Entrelacs de chair rouge. Surpiqué. Sous la main, la paume tendre. Caressante. Sa cuisse de statue pâle. Un souffle. Un soubresaut. J'aspire son essence dans mes poumons. La fièvre. Regarde vibrer les ondes, dans l'air. Lourde chevelure, frémissante, sur les courbes blêmes. Se dessine dans la nuit, retrace un néant qui m'inspire, apporte à ma bouche la coupe des plaisirs. Sur mes lèvres, sur ma langue, dans ma gorge. Descente lente. M'abreuve et m'étanche. Sahara brumeux plein de mirages. Le front penché, perlé. Le bord des yeux. Noirs comme le soir. Noyer ma nuque dans la chair rouge. Dentelée. Enrouler mon corps des draps de ténèbres. Me perdre. Loin très loin. Esquisser la forme, les gestes de son fantôme qui me hante. Savourer la mort lente.